Riding a Heatwave Home (Français)

Après une visite à mon père malade à loccasion de son anniversaire.

(29 novembre 2017)

Vue du pont Verrazano den haut.
Par Ibagli via Wikimedia Commons

Août 2010 . La vue depuis le pont Verrazano du port de Gotham, tout en montant dans le bus express de Staten Island, est brève mais spectaculaire. À droite, leau libre est parsemée de pétroliers plats et de cargos, comme des pierres de gué vers lhorizon. Je mimagine bondissant de bateau en bateau, comme le Hulk, effrayant les équipages du navire à chaque débarquement, atteignant les côtes des Canaries avant le coucher du soleil. À gauche, la vue de la ville me rappelle lexposition Panorama de la ville à Flushing Meadows Park que nous avons visitée en tant quenfants avec mon père, qui était émerveillé par la grande ville. La lueur ensoleillée d’aujourd’hui en fin d’après-midi est la façon dont je me souviens de l’éclairage intérieur jaune-orange du panorama – moins l’humidité.

La vue se termine lorsque nous descendons du pont vers Brooklyn. Je suis soulagé de rentrer chez moi, même si je suis encore un peu nerveux après une visite déprimante et difficile avec mon père vieillissant, dont les maux augmentent. Le bus climatisé est trente degrés plus froid quà lextérieur. Le bavardage parmi les passagers est fort. Les stéréotypes italo-américains prennent vie, le tout à un rendez-vous avec samedi soir. La plupart des jeunes femmes portent les cheveux hauts quelles piquent avec de longs ongles carrés avec des motifs complexes aux extrémités. Les rares qui ne font pas de lissage se démarquent comme des giroflées lors d’une fête. Les jeunes hommes, lourds de cologne et de biceps, portent des cheveux coupés en gelée et une seule boucle doreille. Quelques couples plus âgés se dirigent vers un dîner et un spectacle. Contrairement à mon voyage à Staten Island, le bus de retour pour Manhattan est bondé.

Le bus traverse Brooklyn sur le Gowanus tout de suite, puis se penche à gauche vers le tunnel de la batterie. Ma routine habituelle est de descendre au premier arrêt à Manhattan, dans Rector Street derrière Trinity Church, puis de monter sur le trottoir étroit du côté sud du cimetière de léglise. Je vérifie la plaque discrète commémorant le site original du King’s College – maintenant l’université de Columbia – avec la tombe de Hamilton derrière elle, avant de sauter dans le métro express vers East Side. C’est généralement le moyen le plus rapide de rentrer chez vous. Aujourdhui, je ne suis pas pressé. Je décide de rester un peu plus longtemps dans le bus confortable et cool, en passant devant limmense chantier de construction où se trouvaient les tours jumelles, maintenant entourées de clôtures liées à des chaînes enveloppées dune signalisation en vinyle flottant avec une interprétation du futur par un artiste.

Plus haut sur la Sixième Avenue, je descends à Christopher Street dans le Village. Je marche vers l’est, me persuadant que s’arrêter chez Dante pour une bière fraîche serait apaisant. C’est aussi un établissement qui porte bien son nom pour se soulager de la chaleur tout en décompressant de la visite au chevet de mon père. Les rues sont bondées mais celle de Dante est vide à lexception dune femme âgée qui dîne tôt, seule, et de trois jolies serveuses en chemise blanche attendant larrivée de la foule du soir. Les serveuses semblent se demander qui va me servir, me faisant me sentir important. Pour une seconde. La jeune femme qui obtient lhonneur a un accent, mais pas italien. Cela semble albanais, mais je ne suis pas sûr et je ne demande pas.

En dégustant ma bière fraîche, je pense à l’anniversaire de mon père, à son état de détérioration et à son esprit sombrant. Je pense à ce poème de Dylan Thomas.

Je crée une vie pour la vieille femme qui mange à côté de moi. Je pense à elle dans lédition, et rédactrice dans un magazine, accomplie et old-school proprement dite. Solitaire et un peu hargneux. Elle me regarde, car jai peut-être regardé trop longtemps. Je vide ma bière Moretti et le verre deau froide qui laccompagne. Je laisse un bon pourboire à la serveuse et je me dirige vers Union Square pour prendre le métro pour rentrer chez moi.

La chaleur étouffante me souhaite la bienvenue dans la rue. Cet été est devenu une série de vagues de chaleur. Jour après jour, les températures atteignent jusque dans les années 90, rendues plus insupportables par l’humidité. Après un jour ou deux de soulagement dun front froid, le cycle recommence.

Au moment où jarrive à la 14e rue, le samedi soir sest accéléré. La circulation piétonnière est dense et la circulation automobile est impossible. La lumière du soleil saffaiblit sur lHudson. Je me dirige vers l’entrée du métro, un trou qui ressemble à un entonnoir de drainage abaissant la chaleur de la journée, comme l’une des malebolgia de Dante, les fossés diaboliques. La station de métro est dangereusement chaude, alors jattends en haut. Quand jentends mon train, je redescends un niveau de plus vers les voies. La plate-forme étroite est densément remplie.Lorsque les portes du métro souvrent, je me joins à une vague humaine vers le milieu de la voiture, une vague bouillonnante dodeurs corporelles désagréables et de touches moites sur ma peau. Il y a de l’air frais venant de l’intérieur, mais la chaleur de la plate-forme me suit. Les portes refusent de se fermer alors que de plus en plus de conducteurs se faufilent dans la voiture. La chaleur submerge lair frais de la voiture jusquà ce que tout disparaisse. Si les métros navaient que des portes tournantes.

Je me retrouve coincé entre une femme et un jeune homme, tous deux avec des sacs à dos vers moi. La femme, à ma gauche, déplace consciencieusement le sac à dos de son côté et sous son bras. À ma droite, le sac à dos du jeune homme est dans ma poitrine, mais il ne le bouge pas, même si je le pousse faiblement. Il est inconscient ou distrait. Le jeune homme, avec une coupe de cheveux carrée à six pouces de mon visage, se concentre sur une carte de loterie à gratter. Il ne correspond pas au profil du détenteur de billets de loterie en sueur et nerveux à la recherche dun raccourci pour avoir des problèmes à gérer une fortune. Par-dessus son épaule gauche et juste à sa droite, assise en face de lui, je remarque une petite fille avec de grands tatouages ​​de pattes dours sur sa poitrine brune. Les pattes sont pour la plupart cachées par son débardeur blanc blanchi. Je suis sûr que je nai jamais vu quelque chose comme ça.

Je regarde la carte de loterie pour voir sil gagne gros. Il gratte lentement des cases aléatoires, se donnant le temps de trouver le jackpot encore possible: dabord, cétait des millions, puis des milliers, maintenant juste des centaines.

Alors que nous grondons vers Grand Central, entre les bras et les corps , Je remarque que les cendres du jeu à gratter sont saupoudrées sur le long short blanc blanchi dun black costaud que je navais pas remarqué auparavant. Il est assis à côté de la fille aux pattes dours. Sa tenue est surmontée dun chiffon blanc sous une casquette rouge Yankee avec un bec plat correctement de travers. Ils sont un couple, vêtus de tenues dété tout blanches assorties. Simultanément, juste après que je lai remarqué, les deux remarquent également les cendres sur son short. Il y a un échange de regards, puis le do-rag regarde son short et efface nonchalamment mais soigneusement le tas de cendres avec le dos de ses doigts sur sa cuisse; lhomme de la loterie marmonne des excuses interrompues que je suis le seul à entendre: « Désolé, mec. » Heureusement pour nous tous, sardines dans la voiture, les cendres tombent inoffensivement au sol, ne laissant aucune trace sur le short blanc.

À lapproche de larrêt de métro, le couple en blanc se tient debout pour sortir, les serrant de nous directement devant eux encore plus serré. En se dirigeant vers les portes, lhomme de chiffon se tourne légèrement vers lhomme de loterie avec un sourire ambiguë et menaçant qui expose une grille dentaire élaborée parsemée déclats de diamant. Il ressemble à Jaws, le méchant des films de James Bond. Alors que la paire sort, je me demande si lhomme de la loterie se considère chanceux même si sa carte à gratter était un perdant.

Nous avons poussé un grand soupir après Grand Central comme plus de sortie que de sauter. La foule samincit encore plus à la 59e rue alors que les immigrants récents sortent pour prendre le train pour le Queens. Lespace nouvellement ouvert se remplit dair plus frais alors que le climatiseur se rattrape pendant le long trajet express vers la 86e rue où les résidents de lUpper East Side comme moi céderont le train aux habitants de Harlem et du Bronx. Cet air frais est frais. Je me suis décompressé et je me sens maintenant loin du chevet de mon père à Staten Island. Je suis prêt à monter et à entreprendre la marche vers mon appartement, en espérant quil reste encore un peu de cette lumière du jour orange daoût, peut-être même une partie de cette chaleur.

Pour dautres essais sur Medium.com, voir ( https://medium.com/@matiz/essays)-7c5f88cad2dc

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